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Les mulipièces – De deux à vingt-six pièces

par | 25 Juin 2026

Moins à la mode qu’ils ne le furent, les couteaux multipièces fascinent toujours par leur rareté et la prouesse technique qu’ils révèlent. Ainsi, depuis le XVIIIe siècle, les meilleurs couteliers s’y sont essayé produisant de remarquables pièces. Regardons ici quelques bijoux créés aux XVIIIe et XIXe siècles.

Découvrez ici l’article paru dans le numéro 166 février/mars 2026. Le texte est de François Robineau, président de l’Académie FX qui œuvre pour la connaissance de la grande coutellerie à travers le site internet www.academiefx.com. et les photos de Photos de François Klatovsky. Existe en version numérique en français et en anglais !

Les couteaux multipièces : entre utilité et prestige

Les couteaux pliants multipièces occupent une place particulière dans l’histoire de la coutellerie. Bien plus que de simples outils, ils sont devenus au fil du temps de véritables symboles de statut social et de raffinement. Apparue principalement au XVIIIᵉ siècle, cette catégorie de couteaux a connu un développement important au XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle. Aujourd’hui moins répandus que les couteaux monolames, ils continuent de fasciner les amateurs et collectionneurs grâce à leur rareté, leur complexité technique et la qualité du travail des artisans qui les ont conçus.

L’apparition du couteau de poche et son évolution

L’histoire du couteau pliant est étroitement liée à celle de la poche apparue au Moyen Âge puis intégrées aux vêtements masculins à partir de la fin du XVIIᵉ siècle. Avant cette période, les couteaux droits étaient généralement portés dans des étuis fixés à la ceinture. Avec l’essor des poches cousues, les couteaux pliants deviennent plus pratiques à transporter et s’imposent progressivement comme des objets du quotidien. Ils constituent alors un élément caractéristique de la mode masculine et répondent aux besoins de mobilité de leurs utilisateurs.

Des objets de luxe recherchés par les élites

Certains modèles multipièces étaient particulièrement appréciés par la noblesse et la bourgeoisie. Les couteaux à deux pièces, notamment les modèles « à la Berge » ou à lames opposées, associaient fonctionnalité et élégance. Ils comportaient souvent une lame en acier et une seconde en argent ou en or, matériaux résistants à la corrosion. Faciles à transporter, ces couteaux étaient également des marqueurs de bon goût et de distinction sociale. Les exemplaires conservés jusqu’à nos jours sont rares et constituent aujourd’hui des pièces très recherchées par les collectionneurs et les musées spécialisés.

Les grands maîtres couteliers des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles

L’article met en lumière plusieurs figures majeures de la coutellerie. Au XVIIIᵉ siècle, Raymond Arnould se distingue par la réalisation de couteaux multipièces d’une remarquable complexité, notamment un célèbre couteau dit de vétérinaire. Au XIXᵉ siècle, Jean-Baptiste Guerre puis son fils Charles contribuent au rayonnement de la coutellerie de Langres. Récompensé lors de nombreuses expositions et décoré de la Légion d’honneur, Jean-Baptiste Guerre réalise notamment un canif cylindrique comportant vingt-et-une lames. Ces artisans illustrent l’excellence technique et artistique d’une tradition coutelière française dont l’héritage demeure vivant aujourd’hui.

Par François Robineau, président de l’Académie FX qui œuvre pour la connaissance de la grande coutellerie à travers le site internet www.academiefx.com. Photos de François Klatovsky.

Si vous souhaitez découvrir le numéro 166 dans lequel cet article est paru et toutes les superbes photos de couteaux, suivez le guide :

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